Article de Christian Euloge, administrateur





Le verger des Résidences Vertes a été nommé OLIVIER DE SERRES……



Olivier de Serres ?, Qui d’entre nous le connait ? Quel est donc ce personnage et pourquoi lui ? L’explication est assez simple.



Les habitants des Résidences Vertes sont maintenant habitués au nom des rues de leur quartier : Léonard de Vinci, Ronsard, Gutenberg, Jacques Bellange. Tous ces illustres personnages ont en commun d’avoir vécu à l’époque de la Renaissance. C’était le thème qui avait été retenu par la municipalité pour nommer les rues de ce nouvel ensemble résidentiel.



Pour le verger, la commune devait trouver un personnage, lui aussi de la même époque et ayant apporté un progrès notable dans le monde rural.



Sachant que je m’intéresse aux livres anciens sur l’agriculture, Gérard Royer, le maire de l’époque, m’a interrogé et, dans la seconde je lui ai répondu : « J’ai ton agronome, c’est Olivier de Serres ».



Ce ne pouvait être que lui. En voici les raisons



Il est né en 1539 et décédé en 1619. Il est donc bien de l’époque Renaissance. Issu d’une riche famille protestante, il acquiert, à 19 ans, une grande propriété de 150 ha à Villeneuve de Berg, dans le Vaucluse. Passionné d’agronomie, il étudie les écrits sur l’agriculture par les auteurs latins comme Virgile et Columelle et expérimente des nouvelles pratiques innovantes. Il est considéré comme le père de l’agriculture « moderne » en la faisant sortir de l’archaïsme.





En 1.600, il publie le « THEATRE D’AGRICULTURE ET MESNAGE DES CHAMPS ». C’est le premier ouvrage qui a introduit la science dans la vie rurale et les pratiques agraires. Olivier de Serres est pour l’agriculture ce qu’est Ambroise Paré pour la médecine.







Son livre a un grand succès et a fait l’objet de 25 rééditions. Un des lecteurs le plus assidu est le bon roi Henri IV qui chaque jour exige qu’on lui fasse la lecture d’un passage du livre. Un autre lecteur est Sully, le ministre très écouté du roi. Chacun connaît sa phrase célèbre : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ».



A l’époque, l’arboriculture fruitière faisait partie intégrante de l’agriculture. Chaque ferme avait son verger. Dans son livre, Olivier de Serres ne consacre pas moins de cent pages au jardin fruitier. Il le fait dans un style fleuri et poétique comme c’était la règle même dans les livres techniques de l’époque. Il en était ainsi pour le nom des fruits. Je vous en cite quelques -uns :



Pour les pommes : Pomme du paradis, De belle femme, Dame-jane,



Pour les poires : La cramoisie, Cuisse madame, Bon chrétien, La brute bonne





Et puis il y a cette sublime louange des fruits que je vous livre, telle qu’Olivier de Serres l’a écrite :



« Du fruitc, est-il possible de dire tout ce qu’il en est ? Ne peuvent publier, ne de vive voix, ne par escrit estant un abisme de bien dont Dieu nous comble. Seulement diront-nous à leur louange qu’ils surpassent tous autres de la terre en ceste qualité, que sortir immédiatement des arbres, prests à mettre dans la bouche, sans aucune sujection, ains seulement de ce soin, que de leur retirer des bras de leur mère. Et si encores le cueillir semble importun, le fruict cherra de lui-mesme relevant l’homme de telle peine »



Les Amis du verger vont cependant faire remarquer au grand homme que pour donner des fruits savoureux, l’homme doit apporter beaucoup de soins à l’arbre !